Après plusieurs ajustements et un long processus d’examen, la proposition de loi portée par la députée nationale Marie-Claire Kengo a finalement franchi une étape décisive en étant déclarée recevable. Un aboutissement salué comme une avancée majeure dans la quête de la souveraineté alimentaire en République démocratique du Congo.
Déposée depuis l’année dernière, cette initiative législative n’a pas connu un parcours sans embûches. À plusieurs reprises renvoyé pour réexamen, le texte a nécessité des améliorations substantielles avant d’obtenir l’aval de recevabilité. « Du premier coup, ce n’était pas évident », reconnaît l’initiatrice, qui souligne avoir retravaillé en profondeur le contenu afin de répondre aux attentes et aux exigences institutionnelles.
Au cœur de cette réforme se trouve une ambition claire : permettre à l’État congolais de mieux accompagner les agriculteurs locaux. Face à une production agricole jugée insuffisante et à une dépendance accrue aux importations, la proposition vise à renforcer les mécanismes d’appui aux cultivateurs afin d’accroître significativement la production nationale.
La députée met en avant une réalité préoccupante : la persistance d’une carence alimentaire dans plusieurs régions du pays. « Nous ne produisons pas assez », alerte-t-elle, plaidant pour une mobilisation nationale en faveur de l’agriculture. L’objectif est double : réduire les importations et garantir une autosuffisance alimentaire durable.

La réforme s’appuie sur une loi existante depuis 2011, qu’elle entend moderniser et adapter aux défis actuels. Parmi les axes prioritaires figure la valorisation des produits dits « stratégiques », c’est-à-dire les denrées de base essentielles à l’alimentation des Congolais. Il s’agit notamment du maïs, du manioc, des haricots et des arachides.
Pour l’élue, ces produits ne devraient plus faire l’objet d’importations massives. « Nous devons être capables de produire suffisamment pour nourrir notre population », insiste-t-elle. Cette vision repose sur un engagement fort de l’État, appelé à jouer un rôle central dans l’encadrement, le financement et la structuration du secteur agricole.
En filigrane, cette proposition de loi s’inscrit dans une dynamique plus large de relance économique par l’agriculture, considérée comme un levier stratégique pour le développement du pays. Si elle est adoptée, elle pourrait marquer un tournant décisif dans la politique agricole nationale, en plaçant les producteurs locaux au cœur des priorités.
Déjà, cette avancée suscite un intérêt croissant au sein de l’opinion publique et des acteurs du secteur agricole, qui y voient une opportunité concrète de transformation structurelle et de renforcement de l’indépendance alimentaire de la République démocratique du Congo.

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