Assemblée nationale – Réforme du Code pénal : le député Garry Sakata Moke Tawab propose une rupture avec les concepts hérités du passé

Une initiative législative majeure visant à moderniser l’arsenal juridique de la République démocratique du Congo est désormais inscrite pour examen. Portée par le député national Garry Sakata Moke Tawab, cette proposition de loi s’inscrit dans une dynamique de promotion des droits de l’homme et de mise à jour du Code pénal congolais.

Au cœur de cette réforme figure la volonté de « dépoussiérer » le Code pénal de notions jugées obsolètes, voire contraires aux valeurs constitutionnelles actuelles. L’élu entend ainsi extirper du corpus juridique national certains concepts à connotation raciste, colonialiste et esclavagiste, hérités d’une époque révolue.

Parmi les mesures phares proposées par Garry Sakata Moke Tawab, figure le remplacement du terme « servitude pénale » par celui d’« emprisonnement ». Une modification qui dépasse la simple sémantique, puisqu’elle entraînera une harmonisation de l’ensemble des textes légaux en vigueur. En effet, toutes les lois de la République faisant référence à la servitude pénale seront ajustées afin d’intégrer cette nouvelle terminologie, plus conforme aux standards contemporains des droits humains.

Autre innovation majeure : la suppression pure et simple de la peine des travaux forcés. Selon l’initiateur de la proposition, cette sanction est non seulement contraire à la Constitution, mais également incompatible avec les engagements internationaux de la RDC. Il souligne par ailleurs que, depuis son introduction dans le Code pénal en 1973, cette peine n’a jamais été appliquée, ce qui renforce son caractère désuet.

Cette réforme s’inscrit également dans un contexte de modernisation du système pénitentiaire congolais. Une récente loi sur le régime pénitentiaire consacre déjà des alternatives telles que les travaux d’intérêt général, jugés plus respectueux de la dignité humaine et socialement utiles. Dans ces conditions, le maintien des travaux forcés apparaît désormais superflu, voire juridiquement contestable.

À travers cette proposition de loi, le député Garry Sakata Moke Tawab ambitionne d’aligner le droit pénal congolais sur les exigences contemporaines de justice et de respect des droits fondamentaux. Si elle est adoptée, cette réforme marquerait une étape importante dans l’évolution du cadre légal de la République démocratique du Congo.

Déjà, le texte suscite un vif intérêt au sein des milieux juridiques et de l’opinion publique, qui y voient un signal fort en faveur d’une justice plus humaine, moderne et en phase avec les principes universels des droits de l’homme.

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