Depuis la résurgence du conflit dans l’Est de la RDC en 2021, avec l’offensive du M23 soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs partenaires internationaux, le président Félix Tshisekedi a privilégié deux principaux leviers pour tenter de rétablir la paix : la voie militaire et la voie diplomatique.

Sur le plan militaire, la RDC a renforcé les FARDC et bénéficié de l’appui de plusieurs acteurs, notamment les forces régionales de l’EAC et de la SADC, les Wazalendo, des troupes burundaises et ougandaises, ainsi que des contractuels militaires étrangers. Sur le plan diplomatique, Kinshasa a multiplié les initiatives en participant aux processus de Nairobi, de Luanda (Angola), de Doha, de Washington et de Suisse, tout en obtenant des sanctions contre certaines personnalités du M23 ainsi que contre des responsables rwandais et congolais accusés d’alimenter le conflit. Le chef de l’État a également intensifié ses consultations avec plusieurs dirigeants africains.
Pourtant, malgré ces efforts, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Les affrontements se poursuivent, de nouvelles localités sont passées sous le contrôle du M23 et les accusations de renforcement de la présence militaire rwandaise sur le territoire congolais continuent d’alimenter les tensions.
À l’intérieur du pays, les divisions politiques persistent. Les accusations de corruption, de népotisme, de détournement des deniers publics, de discours de haine et les controverses politiques ont souvent détourné l’attention de l’objectif principal : l’unité nationale face à la guerre.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs politiques, religieux et de la société civile avaient, depuis plusieurs mois, plaidé en faveur d’un dialogue national inclusif. Le président Tshisekedi s’y était jusque-là opposé, estimant qu’il n’était pas envisageable de dialoguer avec ceux qu’il qualifiait de « terroristes ».
Le 17 juillet 2026, un changement de cap est intervenu. À l’issue d’une rencontre avec les représentants des principales confessions religieuses à la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État a annoncé l’organisation d’un dialogue national inclusif, apaisé et républicain, destiné à renforcer la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution. Les responsables religieux ont salué cette décision, la présentant comme une opportunité de consolider l’unité nationale et de soutenir les efforts de paix.
Cette évolution traduit-elle une adaptation stratégique face aux limites des approches militaire et diplomatique, ou l’ouverture d’une nouvelle phase dans la recherche d’une solution durable au conflit ?
Cette évolution marque-t-elle un véritable tournant dans la stratégie du pouvoir pour mettre fin à la guerre à l’Est ? Le dialogue annoncé sera-t-il réellement faisable dans un contexte de guerre, de méfiance politique et de fortes tensions ? Sera-t-il véritablement inclusif, en réunissant toutes les parties prenantes concernées sans exclusion majeure ? Et surtout, sera-t-il efficace, capable d’aboutir à des engagements concrets pour restaurer durablement la paix, ou risque-t-il de rejoindre la longue liste des initiatives politiques et diplomatiques qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à mettre un terme au conflit ?
Reagan MALIKIDOGO, Journaliste Analyste Politique Indépendant E-mail : reaganmalick@gmail.com

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