À la tête de ce qui est présenté comme une véritable révolution interne au sein de l’AFDC, Otto Bahizi, l’un des cofondateurs du parti, s’attaque frontalement au professeur Bahati Lukwebo. Sans gang ni masque, il dénonce ce qu’il qualifie d’« avarice politique » et remet en question la gestion du parti ainsi que la répartition des postes de responsabilité.
Devant les journalistes de l’équipe nationale, Otto Bahizi a exposé les conséquences, selon lui, d’un système qu’il considère comme arrivé à son terme : celui d’une « dynastie sans partage » au profit de la famille Bahati.
Revenant sur l’histoire et l’évolution de l’AFDC, ce cofondateur affirme que plusieurs postes importants attribués au parti auraient systématiquement bénéficié à des membres de la famille Bahati ou à des personnes proches de celle-ci, au détriment des autres cofondateurs et cadres historiques.
Pour étayer ses accusations, Bahizi cite plusieurs noms et fonctions. Il évoque notamment Marc Ekila, dans le secteur de la Formation professionnelle, qu’il présente comme étant issu de la famille de l’épouse de Bahati, ainsi que Mutabunga et Médard Kankolongo.
« Bref, tout avantage et toute responsabilité appartiennent à la famille Bahati ou à ses proches », soutient-il, dénonçant ainsi ce qu’il considère comme une concentration des opportunités et des responsabilités au sein d’un même cercle familial.
Des accusations concernant les zones sous contrôle du M23/AFCOtto Bahizi va également plus loin en évoquant la situation dans les territoires occupés par le M23/AFC. Il affirme que certains biens appartenant au professeur Bahati n’y auraient subi aucune inquiétude particulière.
Il avance même que Bahati aurait remporté des procès dans cette juridiction qu’il décrit comme « anarchique », installée à Bukavu par les forces ennemies.
Des affirmations particulièrement lourdes, qui viennent, selon Bahizi, renforcer ses interrogations sur le fonctionnement et les intérêts défendus par le responsable de l’AFDC.
« Je me battrai jusqu’à la dernière goutte de mon sang »Bahizi revient également sur une déclaration attribuée au professeur Bahati Lukwebo : « Je me battrai jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour mon parti, même si actuellement les postes de responsabilité ne tiennent plus compte du poids politique. »
Pour Otto Bahizi, cette déclaration traduit une posture contestable. Il accuse notamment Bahati de manquer de respect à l’autorité de référence, le président Félix-Antoine Tshisekedi, qui, rappelle-t-il, signe en dernier ressort les ordonnances portant nomination aux différents postes de responsabilité.
Dans la même logique, Bahizi s’interroge sur les attaques visant le conseiller Mandungu Kao. Il estime que ce dernier, peu connu jusqu’ici dans la sphère politique nationale, ne saurait être tenu pour responsable des équilibres politiques internes à l’AFDC.
Selon lui, s’en prendre au conseiller du chef de l’État reviendrait, de manière subtile, à défier l’autorité présidentielle elle-même.
Les cofondateurs réclament reconnaissance et considérationPour conclure, Otto Bahizi rappelle le rôle joué par les cofondateurs dans la création et la consolidation de l’AFDC. Selon lui, ceux qui ont contribué à bâtir le parti ne peuvent être écartés ou marginalisés au profit d’un cercle familial restreint.« Les cofondateurs de l’AFDC ont contribué à sa création et méritent respect et considération », affirme-t-il.
À travers cette sortie médiatique, Otto Bahizi entend ainsi remettre au centre du débat la question de la gouvernance interne de l’AFDC, de la reconnaissance des cadres historiques et du partage des responsabilités au sein du parti.
La symbolique

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