La fibre patriotique de l’acteur politique congolais Alphonse Ngoyi Kasanji s’est manifestée lors de la « présentation et débats sur la situation de la paix et de la sécurité en Afrique », point inscrit à l’ordre du jour de la deuxième séance au Parlement Panafricain, le mardi 28 juillet 2026. Il a trouvé injuste l’omerta qui semble être imposé sur la situation sécuritaire extrêmement préoccupante de son pays, la République démocratique du Congo. Pourquoi parler seulement du Soudan et pas de la RDC ?
Il était déterminé à tirer à boulets rouges sur le Rwanda et ses supplétifs qui agressent le pays de ses ancêtres depuis des lustres. Dans les couloirs du PAP, l’on apprend que les tirs croisés, les hostilités entre ce représentant de la RDC et son collègue du Rwanda avait déjà été déclenchées pendant les travaux en commission, lesquels ont précédé l’ouverture solennelle de la première session ordinaire de la septième législature, le lundi 27 juillet dernier à Midrand, ville de la nation arc-en-ciel abritant le siège du PAP.
Que s’est-il réellement passé ?
A sa prise de parole, Alphonse Ngoyi Kasanji a interpellé l’assistance en ces termes : « Chers collègues parlementaires panafricains, je prends la parole pour évoquer la situation sécuritaire qui sévit dans la partie Est de la République démocratique du Congo. Nous vivons une agression répétitive du Rwanda dans notre pays. Ceci démarre depuis 1997 où ses troupes avaient traversé tout le pays et avait installé l’ancien président de la République, Laurent Désiré Kabila, qui avait fini par les faire partir deux ans après. Malgré cette traversée du pays [RDC], le Rwanda continue toujours par prétexter de la présence des FDLR [ex-génocidaires selon Kigali] que le régime rwandais avait renversés. »
A cet instant, la présidente de la séance l’a subitement interrompu, en rappelant à ce membre de la RDC de ne parler que du Soudan. Alphonse Ngoyi Kasanji a rétorqué en disant que l’on peut parler du Soudan mais aussi de la RDC qui est aussi agressée. « Pourquoi on ne parlerait pas de la RDC parce que ce sont deux pays qui vivent presque la même situation ? », s’est-il interrogé à haute voix. Aussi, a-t-il dénoncé cette injustice. Aussitôt, le malentendu s’installe, le dialogue des sourds semble s’engager entre Kasanji et la Speaker. Au final, l’ancien gouverneur du Kasaï, visiblement déçu, n’est plus arrivé au bout de sa pensée, de sa dénonciation.
Cependant, ce Congolais décidé à en finir avec le Rwanda avait le soutien d’une bonne partie de ses collègues africains. Ses trois minutes écoulées, la parole lui fut retirée. Par solidarité, l’un des membres du PAP, visiblement agacé par cette forme d’omerta sur la situation sécuritaire au Congo, lui a cédé son temps de parole. Un autre membre a, quant à lui, rappelé à la présidente de la séance que le point inscrit à l’ordre du jour s’intitulait : « présentation et débats sur la situation de la paix et de la sécurité en Afrique. » Selon lui, il ne s’agissait donc pas de se focaliser uniquement sur la situation sécuritaire au Soudan. La RDC a aussi voix au chapitre.
A la suspension de la séance plénière, plusieurs membres du PAP ont approché le représentant congolais pour lui témoigner de leur soutien et solidarité vis-à-vis du désastre que vivent les Congolais de la partie Est du pays. Dans une interview exclusive accordée quelques minutes après ce malentendu, Alphonse Ngoyi Kasanji a déploré, sans langue de bois, le fait que le rapport de la mission dépêchée en RDC, y compris dans la ville de Goma, par la commission coopération, relations internationales et règlement des conflits, n’était pas rendu au Parlement Panafricain. Pourtant, la présentation dudit rapport était inscrite comme premier point à l’ordre du jour de cette session passée. Il était donc, curieusement, zappé par l’ancien président du PAP qui, ce jour-là, n’avait abordé que le second point au grand dam de la délégation congolaise.
« Pourquoi ne parle-t-on presque pas de l’agression rwandaise en RD Congo dans cette institution africaine ? »
Ne cesse de s’interroger Alphonse Ngoyi Kasanji qui avoue avoir improvisé, par patriotisme, sa remontrance afin de briser ce silence assourdissant face au drame congolais.
James Mpunga Yende
Envoyé spécial à Midrand/South Africa

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