RDC : Denis Mukwege condamne la répression du sit-in de l’opposition et dénonce une « dérive dictatoriale ».

Kinshasa, 13 juin 2026 – Le Prix Nobel de la paix et médecin congolais Denis Mukwege a vivement réagi ce samedi 13 juin à la suite de la répression du sit-in organisé par l’opposition politique sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa, le vendredi 12 juin.

Dans une déclaration rendue publique, Denis Mukwege a condamné avec fermeté ce qu’il qualifie de « répression sanglante » d’un rassemblement qu’il présente comme pacifique. Selon lui, cette manifestation visait à exprimer le refus populaire face au projet de révision de la Constitution, que l’opposition soupçonne de vouloir ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Le lauréat du Prix Nobel de la paix accuse les autorités congolaises d’avoir mobilisé les forces de sécurité ainsi que la « Force du progrès », un groupe de militants affiliés au parti présidentiel, pour disperser les manifestants. Il dénonce des violences exercées contre des citoyens ainsi que des responsables de l’opposition.

Pour Denis Mukwege, ces événements traduisent un rétrécissement inquiétant de l’espace civique et politique en République démocratique du Congo. Il estime que le climat actuel est marqué par des actes d’intimidation visant les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les acteurs politiques opposés au pouvoir en place.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle établit également un parallèle avec les dernières années du régime de Joseph Kabila, marquées par de fortes tensions politiques autour de la question de l’alternance démocratique. Selon lui, la situation actuelle rappelle « les heures sombres » traversées par le pays il y a une décennie.

Face à ce qu’il considère comme une menace pour la démocratie congolaise, Denis Mukwege lance un appel à la mobilisation tant nationale qu’internationale. Il met en garde contre ce qu’il décrit comme un « coup d’État constitutionnel en gestation », estimant qu’une modification de la Loi fondamentale dans le contexte actuel risquerait d’aggraver davantage la crise politique et sociale que traverse la RDC.

Cette prise de position intervient au lendemain d’une journée de tensions à Kinshasa, où l’opposition avait organisé un sit-in pour protester contre toute initiative de révision constitutionnelle. Les événements ont ravivé le débat politique autour de l’avenir des institutions démocratiques et du respect des libertés publiques en République démocratique du Congo.

Reagan MALIKIDOGO

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