La députée nationale Dr Isabelle Yumba Kalenga Mushimbi, élue du Haut-Lomami, a porté devant l’Assemblée nationale une motion d’information dénonçant ce qu’elle qualifie de « silence de l’État » face à plusieurs situations sécuritaires et humanitaires préoccupantes touchant sa province ainsi que la disparition inquiétante de Yannick Kyngu Wa Ku Mwanza Junior.

S’appuyant sur les articles 17 et 52 de la Constitution garantissant la protection des personnes et de leurs biens, l’élue a rappelé que les députés du Haut-Lomami avaient déjà saisi le gouvernement, par l’entremise de la Première ministre et des ministres sectoriels concernés, sans obtenir de réponse concrète.
Bukama : des affrontements meurtriers toujours sans réponses
Premier dossier soulevé : les affrontements survenus le 11 janvier 2026 dans le territoire de Bukama, au Haut-Lomami. Selon la députée, ces violences ayant opposé des éléments des forces de l’ordre à des civils ont causé plusieurs pertes en vies humaines.
Face à ces événements, Isabelle Yumba Kalenga déplore l’absence d’initiatives gouvernementales.
« Aucune enquête judiciaire, aucune sanction administrative et aucune assistance aux familles des victimes », a-t-elle dénoncé devant la plénière, s’interrogeant sur les raisons du silence observé par les autorités face à des pertes humaines déjà signalées officiellement.
Pour l’élue, les familles concernées continuent d’enterrer leurs morts dans l’indifférence, alors qu’une action de l’État demeure attendue.
Inondations à Bukama : détresse humanitaire persistante
La députée a également attiré l’attention de la Chambre sur la situation humanitaire provoquée par les inondations ayant frappé Bukama le 23 mars 2026. Selon elle, les crues ont détruit des habitations, coupé plusieurs routes et déplacé des populations entières.
Malgré les correspondances adressées au président de l’Assemblée nationale et au gouvernement, aucune mission d’évaluation ni assistance humanitaire n’aurait été déployée jusqu’à présent, affirme-t-elle.
« Aujourd’hui encore, les gens dorment à la belle étoile », a-t-elle alerté, évoquant les risques sanitaires liés notamment aux maladies hydriques comme le choléra.
La disparition de Yannick Kyngu au cœur des préoccupations
Troisième point de la motion : l’enlèvement présumé de Yannick Kyngu Wa Ku Mwanza Junior, fils du défunt patriarche Baba Kyngu Wa Ku Mwanza, survenu le 13 avril 2026 à Lubumbashi. Selon les éléments présentés par la députée, l’homme de 37 ans aurait été interpellé à la résidence familiale par des personnes non identifiées.
Isabelle Yumba Kalenga a précisé que, d’après les témoignages familiaux joints à la motion, M. Kyngu souffrirait d’une dépression sévère nécessitant un suivi médical régulier et ne serait impliqué dans aucune activité politique. Depuis son interpellation, sa famille affirme être sans nouvelles et ignore son lieu de détention.
La députée estime que, si les faits sont confirmés, ils pourraient constituer une violation des garanties constitutionnelles contre les arrestations arbitraires, une disparition forcée au regard des engagements internationaux de la RDC ainsi qu’une mise en danger de la vie d’une personne vulnérable.
Des demandes précises adressées au gouvernement
Face à cette situation, l’élue du Haut-Lomami réclame la saisine immédiate du Parquet général près la Cour de cassation et de la Commission nationale des droits de l’homme afin de localiser Yannick Kyngu et d’établir les responsabilités.
Elle demande également l’audition du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur sur les dossiers des violences de Bukama et de la disparition de Yannick Kyngu, ainsi que l’envoi d’une mission parlementaire d’enquête dans le territoire concerné afin d’identifier les auteurs des violences et d’indemniser les victimes. Une mission d’évaluation humanitaire urgente est aussi sollicitée pour les populations sinistrées des inondations.
En conclusion, l’honorable Isabelle Yumba Kalenga Mushimbi a exhorté ses collègues à ne pas laisser cette motion « dormir dans un tiroir », estimant que « le Haut-Lomami exige et attend des actes ».
Michel Kasanga

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