RDC : Gouvernement Suminwa 2, Félix Tshisekedi est-il le vrai artisan de son échec ?

Après une attente de près de deux semaines, la publication du gouvernement de Judith Suminwa 2, première femme Première Ministre de l’histoire de la RDC, aurait dû marquer un tournant décisif.

Pourtant, derrière cette façade historique se cache une réalité politique troublante : celle d’une continuité qui hypothèque lourdement les chances de succès du second mandat de Félix Tshisekedi. En y regardant de plus près, le Président semble être le principal architecte des difficultés à venir.

Le diagnostic est sans appel : une grande partie des Ministres reconduits à des postes clés sont les mêmes qui composaient les équipes précédentes, dont le bilan est largement jugé insuffisant. Qu’il s’agisse de la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est, de la lutte contre la corruption ou de l’amélioration des conditions de vie du « peuple d’abord », les résultats n’ont pas été à la hauteur des promesses.

En misant sur des figures ayant déjà démontré leurs limites, Félix Tshisekedi envoie un message contradictoire : comment espérer des résultats nouveaux avec une méthode et des hommes anciens ?

Cette composition n’est pas un hasard, mais le fruit d’un calcul politique. Pour maintenir la cohésion de sa majorité pléthorique au sein de l’Union Sacrée, le Chef de l’État a dû faire des concessions et satisfaire les appétits des différents regroupements politiques. La logique du « reparto » (partage des postes) a primé sur la recherche de la compétence et de l’efficacité.

Le Président a ainsi privilégié la stabilité de son pouvoir et la loyauté de ses alliés au détriment de l’impératif de rupture et de performance que le pays attend.

En définitive, Félix Tshisekedi se retrouve prisonnier de son propre système. En voulant consolider sa base politique, il a reconduit les artisans d’un bilan mitigé. Il prend le pari risqué que ces personnalités, qui n’ont pas réussi à transformer le pays lors du premier mandat, y parviendront miraculeusement d’ici 2028. Ce faisant, il n’est plus seulement le garant du succès de son quinquennat, mais potentiellement le véritable artisan de son propre échec, liant son héritage politique au rendement d’une équipe dont l’inefficacité passée est la principale carte de visite.

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De R. MALICK, Journaliste Analyste Politique Indépendant
Email : reaganmalick@gmail.com

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